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Le Havre : à la cathédrale Notre-Dame, de méticuleux travaux

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18 décembre

Le Havre : à la cathédrale Notre-Dame, de méticuleux travaux


De méticuleux travaux vont avoir lieu à partir du mois de janvier sur la cathédrale. Dont les acteurs livrent quelques détails.

«Lors des réunions de chantier concernant ce type de bâtiment, on s’assoit rarement. La sacristie nous est allouée, mais on se retrouve assez vite sur l’échafaudage », sourit Perrine Leclerc, alors que les principaux responsables des travaux à venir se quittent après une nouvelle rencontre. L’architecte spécialiste du patrimoine et son cabinet parisien 1090, avaient été choisis en 2015 par la Ville, maître d’ouvrage, pour assurer la maîtrise d’œuvre de la restauration de la cathédrale du Havre, longue de 18 mois (notre édition du samedi 8 décembre). Ceci sous le contrôle de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), garante de la conservation de ce qui est un monument historique depuis un siècle. Le lieu est aussi inscrit depuis 2005 dans le périmètre classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, une reconnaissance rendant hommage à Auguste Perret, bâtisseur du Havre reconstruit, qui a sauvé Notre-Dame d’une destruction définitive, après les terribles dégâts causés sur la nef par les bombardements de 1944. 

DES COMPRESSES SURS LES MURS

 À partir de janvier, des métiers tels que ceux de maçon, maître verrier, tailleur de pierre, menuisier, couvreur, sculpteur, participeront aux soins de l’édifice. Notamment sur la façade principale et ses pierres de Caen, déjà restaurées au cours des années 1820 et 1830, au début du XXe ou après-guerre, jusqu’en 1974. Ils travailleront aussi sur des vitraux, sur le bras nord du transept et, un peu plus tard, sur la tour clocher érigée au XVIe siècle, partie la plus ancienne de Notre-Dame. Ces interventions avaient été jugées prioritaires, à l’issue d’un diagnostic réalisé en 2013, par un autre architecte du patrimoine. Aussi, « des purges avaient été réalisées » sur les murs, à l’aide d’une nacelle, souligne Vincent Duteurtre, directeur des bâtiments de la Ville du Havre. Ainsi, des éléments menaçants avaient été retirés, en attendant un grand chantier. Au cours des trois dernières années, les études de projet, la demande d’autorisation à la Drac (6 mois d’instruction), les travaux préparatoires et l’appel d’offres ont pris du temps. Mais aujourd’hui, derrière des palissades, le montage de l’échafaudage, entamé fin octobre, se poursuit. En janvier sera installée, en façade, une bâche illustrée d’un trompe-l’œil. Un appareilleur localisera les endroits à guérir et établira un nouveau plan. « Assez vite », dit l’architecte, on s’attellera au nettoyage de la pierre. Parmi les principales problématiques figurent « le sel de mer et les remontées capillaires », résume-t-elle. « Nous allons poser des compresses de dessalement sur la pierre. » Puis l’on pratiquera un aérogommage, en y projetant une matière plus fine que le sable. Ensuite auront lieu des déjointements et « de nombreux blocs seront remplacés sur la façade. Près de 30 m³ de pierre », indique Harold Debuck, conducteur de travaux de TERH monuments historiques, qui assure tout ce premier volet. L’entreprise vernonnaise connaît les édifices rongés par le sel marin, pour avoir œuvré à Dieppe et à l’abbatiale de Fécamp. « Nous allons apporter des pierres épannelées que les sculpteurs pourront travailler sur place », détaille-t-elle. 

COMME À LA MADELEINE

 Sur les éléments sculptés, très érodés sur la façade principale, plusieurs types d’interventions auront lieu. Un restaurateur opérera des greffes. Tandis qu’un spécialiste pourra notamment refaire des chapiteaux corinthiens, explique l’architecte, qui gère actuellement un chantier test sur les façades d’une autre église où l’on trouve des colonnes : la Madeleine à Paris. Concernant le transept, on se penchera par exemple sur une rosace en très mauvais état. De nombreuses réparations seront effectuées sur la tour clocher. Elle fait apparaître « des fissures anciennes » et nécessite une mise aux normes électrique, une intervention sur des solives. Une douzaine de vitraux sera déposée à partir de janvier. Si presque tous datent des années 1970, la plus grande dépense (50 000 €) concernera le vitrail de la visite d’Henri IV au Havre en 1603, posé en avril 1881. Il fait l’objet d’une souscription. « Il est encrassé. Des fers manquent. Il sera protégé par une verrière, à l’extérieur », précise Perrine Leclerc. Le seul autre vitrail qui a résisté à la guerre, représentant une messe en l’honneur de la reprise du Havre par l’armée royale en 1563, sera peut-être intégré aux travaux, pour bénéficier d’une protection. 

PLUS DE CENT SOUSCRIPTEURS

 « Nous en sommes à 102 souscripteurs (pour 7 510 €, NDLR) » concernant le vitrail consacré à Henri IV, compte André Gacougnolle, adjoint en charge des finances et bâtiments communaux. Un peu déçu, l’élu compte sur l’animation provoquée par le chantier pour « réactiver » la promotion de l’opération et « attirer davantage le regard des Havrais sur leur patrimoine ». Aussi la Ville recherche des mécènes du côté des entreprises de la région. Mais indique que la restauration du vitrail aura lieu, quoi qu’il advienne.